Gibson

 


- Les premières tentatives de Gibson
- La naissance du micro « P-90 »
- La Gibson « Es-150 » Charlie Christian 
- La « Les Paul » Introduction
- L'origine de la série « Les Paul » 
-
La conception du prototype 
- La premiere Gibson « Les Paul » 
- La Gibson « Les Paul Junior »
- La Gibson « Les Paul Special »
- L'apparition du micro Humbucker
- La Gibson « Les Paul Standard »
- Photos des « Les Paul »
- Les ultimes modifications
- La fin de la série originale
- La Gibson « SG »
- Les guitares « Modernistiques »
- La Gibson « Moderne »
- La Gibson « Flying V »
- La Gibson « Explorer »
- La Gibson « Es-335 »
- La Gibson « Robot guitar »  
- La Gibson « Reverse Flying V »
  

Les premières tentatives de Gibson.

Déjà bien avant Charlie Christian ou Eddie Durham, un autre homme avait déjà deviné le potentiel de l'instrument électrique, ou plus exactement les vertus de l'amplification par adjonction d'un microphone...et cet homme n'est autre que Lloyd A. Loar.
Durant son court passage chez Gibson (de 1919 à 1924), Lloyd A. Loar avait déjà fait des essais d'électrification d'instruments. Si il est difficile de savoir avec certitude quel fut le premier guitariste «électrique», il ne fait quasiment aucun doute que Llyod A. Loar fut le premier à concevoir un micro destiné à des instruments à cordes.

Mais aucun des micros conçu par ce précurseur n'ont été conservé, mais il est clair qu'ils étaient du type «électrostatique» et pas encore «électromagnétique» comme le veut une guitare électrique.
Ces micros étaient caractérisé par une très haute impédance, qui, avec le procédé rudimentaire utilisé pour créer le courant devant être amplifié, nécessitait un câble très court entre l'instrument et l'amplificateur. Enfin, ils étaient également très sensibles à l'humidité ambiante.
Loar essaya de convaincre la direction de Gibson d'introduire des modèles électrifiés et de poursuivre les recherche dans ce domaine. Mais malheureusement pour lui, il était vraiment trop en avance sur son temps.
Il faut savoir que le marché de la guitare électrique n'existait pas en 1924 et la direction de Gibson décida logiquement de n'a pas poursuivre. Les divergences de point de vue entre Lloyd Loar et Guy Hart (alors directeur général) furent peut-être à l'origine du non-renouvellement de son contrat à la fin de cette même année. Il préféra partir pour continuer ses recherches plus librement, il allait par la suite, après avoir occupé différents postes entant que consultant ou professeur, fonder la société «Acousti-Lectric» en 1934, qui devint la «Vivi-Tone» en 1936. Les différents modèles «Vivi-Tone» conservés à ce jour sont une preuve de l'esprit de précurseur de Lloyd A. Loar.

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La naissance des P-90

En 1933, Walter Fuller rejoignit Gibson et, après quelques mois passé dans les différents services de l'usine, Guy Hart (alors directeur de Gibson) lui demanda si il serait capable d'électrifier une guitare. Passionné par les questions d'électronique, il accepta donc la mission qui lui était confiée. Il trouva bien quelques vestiges laissés par Lloyd A. Loar (notamment un micro électrostatique), mais étant donné les défauts  de ce micro rudimentaire, il reparti de zéro. Compte tenu de la vogue suscitée par les guitares hawaïennes de Rickenbacker (Frying Pan, A-22 et A-25), le premier objectif de Gibson était de produire un modèle du même type, en sachant que le micro pourrait servir plus tard sur d'autre instruments acoustiques afin de les électrifier.
Walter se mit donc au travail dans le but de créer un micro électromagnétique dont le principe est assez simple : Il faut un aimant, et un bobinage réalisé avec du fil de cuivre isolé.
Le bobinage est situé, soit autour de l'aimant soit autour d'une masse polaire magnétisée par le contact avec l'aimant.

Les caractéristique d'un micro magnétique varient en fonction de plusieurs éléments que sont :

- Le calibre du fil utilisé pour le bobinage (principalement N° 42 , mais parfois N° 43).
- Du nombre de tours de bobine (nombre de spires)
- Du type et de la puissance de l'aimant (Céramique, Alnico II, Alnico IV, Alnico V, etc...)
- De la position de l'ensemble (parrallèle ou superposé).

Le travail de Walter Fuller consista à essayer toutes les combinaisons possibles en vue d'obtenir un résultat satisfaisant à l'oreille. La période d'essais s'étendit sur la majeure partie de l'année 1934, et c'est à la fin de cette année que le prototype de la première guitare hawaïenne électrique de Gibson fut mise au point, et les premiers exemplaires furent livrés dès l'année suivante. Le micro (P-90) utilisé sur les guitares hawaïennes allait être installé (dans une version un peu différente) sur une guitare acoustique, et créer ainsi la première  guitare «électrifiée» (en considérant que les guitares hawaïennes sont un autre type de guitares). Gibson s'inspira d'un modèle de bas de gamme à savoir la «L-50», qui n'en possédait pas moins une table galbée massive en spruce, avec un dos et des éclisses en érable, pour créer son premier modèle de guitare «électrifiée», c'est ainsi qu'est née la «ES-150».

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1936: La «Gibson ES-150» Charlie Christian

Le modèle «ES-150» (ES : Electric Spanish), autrement dit la version électrifiée de la «L-50», apparut, tout comme les «EH 150»  et «EH 100», pour la première fois dans le catalogue «X» de 1936, et commença à être livré cette même année. Il est cependant possible qu'un petit nombre d'exemplaires aient pu être réalisés dès la fin 1935. Nous pensons toutefois que les premiers exemplaires de la ES-150 furent réalisés qu'en 1936.
Le modèle ES-150 est doté d'une table massive en spruce, qui semble un peu plus épais en son milieu que celle d'une «L-50», afin de mieux supporter le montage du micro. Deux ouïes en «ƒ» très effilées sont pratiquées sur la table, tandis que le fond plat et les éclisses sont en érable. Le manche en acajou d'une pièce présente une section triangulaire typique pour la période, et la jonction avec la caisse s'effectue à la 14ème case. La
touche en palissandre comporte 19 cases pour une division de 24 3/4” (légèrement inférieure à 63 cm) et le chevalet est en ébène. De même que sur les modèles acoustiques de cette époque, le chevalet est uniquement réglable en hauteur à l'aide de deux molettes situés à chacune des extrémités, et il ne permettait pas de régler l'intonation corde par corde (les harmoniques).
Du point de vue structure, la ES-150 était dotée d'un barrage en «X», tandis que la touche était collée à même la table pour accroître la rigidité. 
 

Le micro (que nous allons voir en détails par la suite) est monté près de la touche, tandis que la prise jack, est située à la base du cordier. La guitare possède un contrôle de volume, et un contrôle de tonalité qui agit en fait comme un filtre d'aigus. Les boutons originaux sont en bakélite marron, un peu en forme de charlotte au chocolat.
La ES-150 est pourvue d'une plaque de protection triangulaire allongée, caractéristique des modèles Gibson d'avant guerre.
La seule finition disponible était « brun Crémone », avec un dégradé
jaune sur la table uniquement.Au moment de son introduction en 1936, la gibson « ES-150 » valait 72,50 $ US.

Le micro conçu par Walter Fuller et utilisé sur les premières guitares électrifiées de Gibson prit rapidement le nom de «micro à barrette» (bar pick-up), car il se caractérise par une barre en guise de masse polaire. Autour de cette barre, ou plutôt de cette «lame» servant de masse polaire, Walter Fuller avait placé un bobinage, tandis que l'aimant était positionné à plat, perpendiculairement à la lame, dans l'axe des cordes. Naturellement le micro à barrette ne possède pas, de par sa structure, de pôles ajustables corde par corde.

Les différents schémas, ainsi que les photos permettent de mieux apprécier l'aspect volumineux du micro à barrette ainsi les particularités de son montage, qui se traduisent «de l'extérieur» par la présence de trois vis sur la table. Il est d'ailleurs à noter que, compte tenu de son encombrement, il est difficile de monter deux micros à barrette sur une même guitare, à moins de modifier le montage ou la taille des aimants.
En vertu de l'empirisme qui présidait alors à la recherche sur les micros (il faut prendre en compte qu'à l'époque le sujet était relativement nouveau) Gibon essaya diverses combinaisons et,eu égard aux modifications intervenues jusqu'en 1938 environ, il existe au moins trois types légèrement différents de micros à barrette.
En effet, en ce qui concerne les aimants, Walter fuller précise qu'un aimant à base de nickel fut tout d'abord utilisé sur les premiers exemplaires, avant d'être remplacé par un aimant à base de cobalt. D'autre part, ces nouveaux aimants comprirent, initialement seulement 17% de cobalt, puis finalement 36 % de cobalt.
Les aimants nickel et cobalt pauvent se distinguer facilement à l'oeil nu grâce à leur couleur, puisque l'aimant nickel est gris clair tandis que l'aimant en cobalt est bleu très sombre, presque noir.

Le bobinage fut également modifié car les premiers micros comportaient 4'000 tours de fil N° 38, avant de passer  peu après à 10'000 tours de fil N° 42 (dont e diamètre équivaut à 0,0025“), soit un plus grand nombre de tours d'un fil plus fin, pour une plus haute impédance.
La position du micro est ajustable à l'aide de trois vis et permet d'obtenir une certaine variation dans la réponse tonale selon la disposition. A noter d'ailleurs que sur les tous premiers modèles, l'entretoise placée entre le bobinage et l'aimant est plus haute que sur les exemplaires suivants. A défaut de pôles ajustables, la lame du micro ne permettait pas de nuancer le volume de chaque corde, et très rapidement certains guitaristes firent des encoches dans cette lame (le plus souvent dans la région de la corde de Si) pour diminuer le volume de certaines cordes et ainsi améliorer l'équilibre de l'ensemble.
La ES-150 n'eut pas un démarrage foudroyant, et de manière générale la guitare électrique (ou plutôt électrifiée) ne décollera vraiment qu'au lendemain de la 2ème guerre mondiale. Pourtant un homme allait concourir plus que tout autre à immortaliser ce modèle, qui encore aujourd'hui est associé à son nom: il s'agit de Charlie Christian.
Après avoir rencontré Eddie Durham en 1937, Charlie Christian, alors âgé de 18 ans, s'intéressa vivement à la guitare électrifiée dont il réalisa très rapidement tout le potentiel.
En 1939, grâce à John Hammond, il fût auditionné par Benny Goodman qui, au bout de seulement quelques mesures le prit sous contrat. A compter de cette date, il put enfin montrer de quoi était capable la guitare, en développant sa conception linéaire du solo (chorus), un peu à la manière
d'un saxophone ténor.
Compte tenu du niveau des média en 1940, il est indiscutable que le phénomène Charlie Christian n'eut pas l'envergure qu'il aurait aujourd'hui dans les mêmes circonstances. Néanmoins, son importance est capital en tant que «détonateur de la guitare moderne», car si il ne fut ps le premier à s'en servir, Charlie Christian révéla les possibilités de la guitare électrifiée.
Malheureusement, une attaque de tuberculose durant l'été 1941 écourta singulièrement sa carrière, et Charlie Christian mourut en mars 1942 alors âgé de seulement 23 ans.
Quoi qu'il en soit, la ES-150 et surtout le micro à barrette, contribuent à témoigner de son influence puisque tous deux sont couramment surnommés «Charlie Christian»!
 Par la suite, la Es-150 avec son micro à barrette fut adopté par les guitariste de Jazz très influents que sont Jimmy Raney ou René Thomas.

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 La Gibson «Les Paul»

Gibson, qui à l'époque incarne une certaine finesse, prend le risque d'associer son nom au terrain qu'explore Fender ou encore Rickenbacker, par le biais d'un certain «Lester Polfus» plus connu sous son preudonyme,  «Les Paul» guitariste et expérimentateur. Ted Mc Carty, alors president de Gibson, dira: "Il a fallu que l'idée fasse son chemin tant la fabrication d'une guitare à corps-plein nous paraissait au départ requérir un savoir faire minimal, d'où notre désintérêt. Puis nous avons fabriqués de telles guitares en érable, et nous avons rencontrés deux problèmes: Leur poids, et leur «sustain» (durée de la note) car nous ne pouvions plus les faire taire!"

La guitare «Solid body» devient alors un véritable défi digne de la maison, et Gibson choisi de s'associer avec cet artiste qui s'est toujours passionné pour l'idée d'un corps plein: Les Paul (photo ci-dessus).


Voici les trois prototypes qui ont inspiré Gibson, à créer le micro P-90 dans un premier temps (frying-pan de 1931 de Rickenbacker photo de gauche), puis à créer la «Gibson Les Paul» (Guitare bigsby «Merle Travis» de 1948 photo du centre), et à droite on voit le premier prototype fabriqué par Les Paul en personne en 1941, mais rejeté par Gibson qui la qualifiait alors de "manche à balais avec de cordes": La «Les Paul Log».

     

En 1941, ce guitariste populaire a en effet créée l'une (la) des  premières guitare de ce genre, la «Log» surnommée la bûche, en raison de son apparence rudimentaire : convaicu de l'effet d'amplification du sustain que devrait avoir une caisse-pleine, il en a fabriqué une de ses mains à partir d'un morceau de pin.
Si la « Gibson Les Paul » telle que nous la connaissons aujourd'hui est moins sa création que celle de la firme Gibson qui s'inspire alors de la forme plus classique de ses précédentes guitares à caisse creuse, et non des tentatives grossières des uns et des autres, les deux parties s'engagent tout de même dans une collaboration qui devait s'avérer de longue durée.
Les Paul dit avoir d'abord eût deux modèles à l'esprit: "Le premier de couleur noire, classe comme un costard et un autre de couleur or, de façon à se démarquer, parce que cette teinte ne se faisait pas à l'époque, et que cette couleur évoque la sophistication".
Récemment Ted Mc Carty ajoutait: "Nous ne voulions pas non plus que Léo Fender et les autres découvrent l'alliage d'érable et d'acajou que nous venions d'élaborer, ces couleurs avaient donc aussi  l'avantage de contribuer à la protection de notre secret ".
En 1952, à la sortie de la «Les Paul Model», le succès était au rendez-vous puisque 1715 instruments ont été expédiés, pour en arriver à 2245 en 1953.C'est alors qu'en 1954 Gibson lance la «Les Paul Custom» et la série de «Les Paul Junior», mais les ventes restent limitées en comparaison du model «Standard» de la gamme «Les Paul».
Après un arrêt de la production, au début des années '60, qui laisse place à la «SG», la «Les Paul» redevient populaire, quand elle est adoptée par des guitaristes comme Keith Richard, Jimmy Page ou Eric Clapton!
Gibson en repris la production en 1967 et la «Les Paul» devient alors de loin le modèle le plus prisé. Rançon de la gloire, c'est aussi l'un des modèle les plus copiés. La «Les Paul» est une guitare fondamentale, qui donna naissance à la mythique « SG ».
Aujourd'hui, il existe plus d'une trentaine de type de «Les Paul». Il suffit en outre de ragarder les guitares actuelles pour mesurer l'influences de la «Gibson Les Paul» sur l'ensemble des modèles «Rock». Si la «Les Paul» a beaucoup évoluée entre ses débuts en 1952 et aujourd'hui, le modèle a suivie les modes avec l'évolution technologique, et les différences n'ont pas tant affecté sa prestance. Alors, qu'aujourd'hui les modèles de guitares et de basses sont très souvent conçus pour servir un style musicale en particulier, on peut souligner l'empreinte décisive qu'a laissé la «Les Paul» sur l'ensemble des guitares «Rock» qui lui succédèrent.

L'origine de la série «Les Paul» (1952 - 1961)
L'introduction en 1952 d'une guitare «Solid Body» ou guitare «pleine» peut apparaître comme un prolongement logique des efforts de Gibson pour «électrifier» une guitare, surtout si l'on tient compte de la très grande popularité des guitares dites «hawaïennes» jusqu'à la fin des années '40.
Les guitares hawaïenne électriques furent effectivement les premières guitares «pleines», dont le corps et le manche pouvaient être, selon les modèles, en bois ou en métal (principalement en aluminium). Par conséquent, l'idée d'un instrument ne possédant aucune «qualité acoustique» et utilisant un micro pour être entendu n'était pas nouvelle.
Au demeurant, si l'on fait abstraction du contexte musical dans lequel elles étaient le plus utilisées, les guitares hawaïennes électriques possèdent une «qualité» de son très particulière, qui est vraisemblablement à l'origine de la guitare «pleine» "non-hawaïenne".
La réalisation de ce type d'instrument ne posant pas de problème technique particulièrement difficile du point de vue «lutherie» on affirmer sans l'ombre d'un doute qu'il était aisé pour Gibson de produire une guitare «pleine» bien avant 1952.
La paternité d'un tel instrument est d'ailleurs difficile à établir avec certitude, mais il semble que ce soit la firme «Rickenbacker» qui soit, en la circonstance la mieux placée d'une part avec sa "poêle à frire" (Frying Pan A-22 et A -25) introduite en 1931, mais surtout grâce à la «Spanish Guitar» figurant en 1938 dans la série «Electro». Cette guitare semble être la première guitare «solid body» non-hawaïenne jamais commercialisée.
Quoi qu'il en soit, et aussi paradoxal que cela puisse paraître, l'homme qui allait amener Gibson à fabriquer des guitares «pleines » (guitares électriques) s'appelle Clarence Léo Fender !!!
Léo Fender ne fut certainement pas le premier (quoi qu'il puisse en dire) à concevoir ou même à commercialiser une guitare «pleine».
En outre, si l'on veut bien se donner la peine de regarder certaines guitares de l'époque (comme celles de Bigsby par exemple) on peut même douter du caractère aussi «extraordinairement original» des premières Fender. Par contre, un fait demeure indiscutable, c'est que Léo Fender  fut le premier à avoir un succès commercial certain avec une guitare électrique.

Laa «Fender Esquire» (photo de gauche) fut introduite en 1950 au «NAMM Show» de Chicago sous l'oeil plutôt amusé des différents «grands» constructeurs de l'époque, parfaitement réticents à l'idée de fabriquer des «planches» (!).
La tentative de Léo était néanmoins suivie avec intérêt... on ne sait jamais! Chacun se disait qu'au fond, il ne fallait pas être très qualifié pour produire ce type de guitare, qui manquait vraiment de qualité et de finesse dans la réalisation. Seulement voilà, la guitare électrique plaisait! Et de nombreux guitaristes, particulièrement dans la musique «Country», trouvaient de grands avantages à ces «planches», que ce soit leur sonorités claire, ou leur confort de jeu.
Mais il fallut peu de temps pour que Gibson soit convaincu que la guitare «pleine» allait durer, et par conséquent, il leur fallait en proposer un modèle.
Maintenant, ainsi que le raconte savoureusement Ted Mc Carty devenu président de Gibson en 1950: "Il nous fallait trouver une excuse...", et cette excuse allait s'appeler « Les Paul ».

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La Conception du prototype
Le prototype de ce qui allait devenir «The Les Paul Guitar» (The Les Paul Model) fut conçu par Ted Mc Carty et son équipe entre 1950 et 1951.
L'idée même de la guitare «pleine» était simple, encore fallait-il définir de quoi serait la «planche» en question. Le problème fut résolu avec un bel empirisme en expérimentant successivement différents types de bois, voir même des matériaux en tout genres puisqu'un prototype fut réalisé   en utilisant un morceau de rail provenant d'une voie ferrée!!

Les bois couramment utilisés alors dans l'industrie de la guitare n'étant pas si nombreux, Gibson opta finalement pour un corps «mixte» en acajou et en érable. En effet, l'acajou seul était acceptable du point de vue poids, mais manquait de tenue de son ou «sustain», tandis que l'érable (beaucoup plus dense que l'acajou) donnait pour sa part un «sustain» satisfaisant mais au prix d'un poids trop important. La combinaison des deux bois (acajou dessous et érable dessus) offrit à Gibson le compromis idéal entre le poids, et le «sustain» nécessaire au nouveau modèle.
Néanmoins, Ted Mc Carty dut naturellement se résoudre à réduire sensiblement les dimensions de son prototype par rapport à un modèle acoustique, pour lui conférer un poids total acceptable par la majorité des guitariste.
Il eût été, en effet, impensable de réaliser une guitare «pleine» de 16 1/4” ou 17” de large, même pourvue d'une très faible profondeur. Le prototype conserva donc une forme de guitare que nous qualifierons de «traditionnelle», mais avec seulement 12 3/4” de large et 17 1/4” de long pour une épaisseur de 1 3/4”.

 

Ted Mc Carty eut enfin l'idée de donner un galbe à la table en érable, car une table bombée possédait deux avantages distincts, mais tout aussi intéressants pour Gibson :
* Il permettait de mieux assimiler la futur guitare «pleine» à une guitare traditionnelle.
** Cela nécessitait pour la réalisation en série d'un outillage que des concurrents comme Fender ne possédaient pas.

Ainsi, le nouveau modèle Gibson serait véritablement différent et aussi plus difficile à copier. Le galbe des «Les Paul» originales est d'ailleurs sensiblement différent de celui figurant sur les modèles «Les Paul» plus récents, sans doute en raison d'un changement d'outillage.... Mais cette modification n'a pas d'influence sur le son de la guitare.
Le prototype reçut un manche Gibson de facture habituelle, d'une pièce en acajou avec une touche en palissandre, mais il convient de noter que ce manche possédait 22 cases au lieu de 19 ou 20, et que la jonction avec le corps se faisait à la 16ème case et non à la 14ème comme sur les guitares acoustiques et semi-électriques de l'époque. L'accès aux aigus était facilité par l'adjonction d'un pan coupé (cutaway) d'une facture nouvelle, de style vénitien mais en moins arrondi.

Deux micros simple bobinage furent montés avec contrôles de volume et de tonalité indépendant par micro, ainsi que d'un sélecteur de micro de 3 positions permettant d'obtenir chaque micro séparément ou simultanément.
Il y deux points intéressants à noter concernant ce prototype de Gibson. Il était initialement doté d'un cordier «trapèze» traditionnel semblable à celui des guitares semi-électriques de l'époque. Par ailleurs, il était déjà fini en couleur or sur le dessus (goldtop).
Il semble en effet que la finition or ne soit pas une idée de Les Paul après qu'il ait vu le prototype, mais corresponde bien à une idée de Gibson pour qui, entre autres, cette finition permettait de dissimuler la table en érable. Ainsi, personne ne pouvait réaliser que la guitare était en acajou et en érable.... le prototype pouvait paraître comme étant taillé dans une seule pièce d'acajou.
A ce propos, il convient de remarquer que le catalogue de 1952 dans lequel la «Les Paul» apparut pour la première fois, mentionne bien l'acajou, mais s'abstient de citer l'érable. Toutefois, compte tenu de la faible épaisseur des filets en plastique utilisés à cette époque sur la série «Les Paul» originale , il était possible de voir, à l'intérieur du pan coupé la partie supérieur galbée en érable, de couleur beaucoup plus claire que le corps en acajou.

Après avoir achevé le prototype, Gibson se demanda brièvement comment concilier son image de marque avec la nécessité de lancer ce nouveau modèle sur un marché en pleine évolution. Il fallait une raison, une excuse en quelques sortes... Gibson pensa à Les Paul pour plusieurs raisons, n'était-il pas venu proposer à Gibson une guitare « pleine » voici quelques années, au surplus c'était un excellent guitariste et une vedette connue et, enfin, il s'entêtait récemment à ne jouer que sur Epiphone. Considérant que ce modèle pourrait intéresser Les Paul à plus d'un titre, Ted Mc Carty pris donc rendez-vous avec lui par l'intermédiaire de Phil Braunstein, son conseiller financier. La rencontre eut lieu dans un endroit montagneux de Pennsylvanie du nom de «Delaware Water Gap» où Les Paul enregistrait au calme avec Mary Ford.
D'après Ted Mc Carty, c'est après avoir brièvement joué sur le prototype qu'il voyait pour la première fois, que Les Paul dit à Mary Ford: "Je pense que nous devrions nous joindre à eux, car ils sont vraiment trop proches de nous désormais!".

Ted Mc Carty suggéra à Les Paul de prêter son nom à la guitare en question en l'échange d'une royauté sur chaque modèle vendu. En fait le contrat entre Gibson et Les Paul fut rédigé le soir même de la présentation du prototype par Phil Braunstein, Les Paul et Ted Mc Carty.
Au terme de ce contrat établi sur 5 ans renouvelable, Les Paul ne devait plus paraître en public avec une autre marque que Gibson, et pour cette raison, les royautés n'étaient payables qu'à terme échu tous les 5 ans.
Ted Mc Carty demanda à Les Paul si il avait des suggestions à formuler sur le nouveau prototype, et Les proposa à Gibson le nouveau chevalet-cordier qu'il venait de mettre au point. Ce chevalet-cordier se caractérisait par une tige cylindrique placée au bout d'un cordier «trapèze» classique et sur laquelle s'enroulaient les cordes. Le cordier Gibson fut donc remplacé par le cordier conçu par Les Paul qui, d'ailleurs, donnait à la guitare une sonorité légèrement différente.
Les Paul donna bien entendu l'exclusivité de ce nouveau cordier à Gibson, qui le proposa parmi ses différents accessoires.

Le contrat entre Gibson et Les Paul fut donc signé et les premiers exemplaires officiels de la «Les Paul Model» furent présentés au printemps 1952.
Entre temps, Gibson avait vaincu ses réticences et était revenu sur sa décision initiale de ne pas appliquer son nom sur la guitare... La nouvelle «Les Paul» fut
donc bien introduite comme une Gibson.
La tête reçut le logo de la marque incrusté en nacre, tandis que les mots «Les Paul» était appliqués en lettres jaunes perpendiculairement au nom de Gibson. La guitare était enfin pourvue de 6 mécaniques «Kluson» (à noter qu'à cette époque le nom du fabriquant n'apparaissait pas sur le capot de la mécanique) avec des boutons «tulipe» en plastique et un trou permettant de les lubrifier.
Pour la petite histoire, les amateurs auront sans doute noté qu'en dépit de ses talents multiples, Les
Paul n'était intervenu en rien (si ce n'est pour faire adopter son chevalet) dans la conception du modèle portant son nom. Les Paul devait cependant devenir, à compter de son accord avec Gibson, un précieux consultant pour la marque, dont l'avis fut toujours soigneusement recueilli.
En même temps que la guitare, Gibson présenta également un amplificateur Les Paul de 12 watts équipé d'un haut-parleur Jensen de 12”. Cet amplificateur comporte les initiales L.P sur la grille frontale.
La légende «Les Paul» venait de commencer.

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 1952: La première «Gibson Les Paul»

Les débuts du nouveau modèle «Les Paul» furent plutôt satisfaisants si l'on se réfère aux statistiques d'expédition Gibson, puisque les chiffres réalisés en '52 ou '53 sont nettement supérieurs à ceux du reste de la gamme électrique hormis le modèle 125. Gibson n'avait pas raté son entrée dans le monde «barbare» de la guitare électrique (guitare pleine).
Au cours des années '50, Gibson allait créer une véritable gamme à partir de cette première «Les Paul» introduite en 1952. Le modèle original devait d'ailleurs subir lui-même un certain nombre de modifications, puisque l'on ne compte pas moins de 5 variantes du «Les Paul Model» (devenu «Les Paul Standard») entre 1952 et 1960.

La première variante peut schématiquement se caractériser par:
 

1 Deux micros simple bobinage de type P-90 avec un capot plastique ivoire.

 
 

2 Un chevalet-cordier trapèze du type Les Paul, avec les cordes qui passent en-dessous du chevalet.

 
 

3 Un angle très faible dans l'ajustement du manche avec le corps.

 
 

4 Une finition «Or» (Gold top) sur le dessus tandis que le reste du corps et le manche sont en acajou naturel.

Il est a noter que cette variante, ainsi d'ailleurs que les trois suivantes, sont surnommée «Les Paul Gold Top» pour les distinguer de la fameuse «Les Paul Standard Sunburst» qui sera la cinquième et ultime variante originale du modèle.
Quelques modèles furent offerts d'origine en version «Solid Gold», c'est-à-dire avec le corps et le manche entièrement finis de couleur «Or» (photo de gauche). Ces modèles
entièrement «Or», sont beaucoup plus rares que les «Gold Top».
Les premiers exemplaires de «Les Paul» réalisés en 1952 et au début '53 ne comportent pas de N° de série, car ce n'est qu'au cours de l'année 1953 que Gibson instaura un système de numérotation des guitares «pleines». Seuls les modèles produits en 1953 auront pour cette première variante un N° de série.
A noter que les toutes premières «Les Paul» peuvent être identifiées par l'absence de filet sur la touche, ainsi que par la position en diagonal des vis de fixation du micro près du chevalet, et la hauteur des «potards» en plastique teinté or.

Très rapidement, le chevalet-cordier en trapèze « Les Paul » posa des problèmes en ne permettant pas aux guitaristes d'étouffer les cordes avec la main qui tient le plectre (ou mediator). En outre, pour ceux qui avaient l'habitude de jouer avec la main reposant sur le chevalet, les cordes se trouvaient beaucoup trop en contrebas ce qui gênait considérablement le confort de jeu. Vers la fin de l'année 1953, Gibson modifia donc le modèle «Les Paul» afin qu'il puisse recevoir le nouveau chevalet-cordier mis au point par Ted Mc Carty dès 1952 (photo de gauche).
Ce nouveau cordier généralement appelé «cordier d'arrêt», nécessita un accroissement de l'angle du manche avec le corps de la guitare par rapport au précédent modèle. D'ailleurs, plus que tout autre détail, le positionnement permet d'identifier aisément les premières «Les Paul» de la période 1952-1953, même si le chevalet-cordier à été remplacé. Cette deuxième variante fut officiellement introduite en janvier 1954, mais un certain nombre de Les Paul avec des N° de série de 1953 furent équipée du chevalet-cordier d'arrêt, démontrant que le changement intervint vraisemblablement à la fin 1953.
Du point de vue finition, la seconde variante est identique à la première, y compris d'ailleurs dans le fait qu'un petit nombre d'exemplaires furent réalisés en version «Solid Gold». Cette option demeura disponible en fait aussi longtemps que des Les Paul «Gold Top» furent produites, mais il convient de noter qu'elle fut beaucoup plus utilisée pour les premières variantes  équipée du chevalet-cordier trapèze de Les Paul ou du cordier d'arrêt que pour les modèles suivants, alors équipés d'un autre chevalet qui allait devenir le « Standard » de Gibson, le chevalet «Tune-O-Matic».

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1954: La Gibson «Les Paul Junior»

Le modèle «économique» introduit sous la désignation de «Les Paul Junior» apparut également en 1954, et se démarquait plus sensiblement du modèle de base introduit 2 ans auparavant, puisqu'il ne comportait pas de table galbée en érable.
En fait, La «Les Paul Junior» était véritablement une «planche» en acajou reprenant la forme des «Les Paul». Elle ne possédait qu'un seul micro du type P-90 (simple bobinage) dont le capot en plastique noir se caractérisait par deux «oreilles». Seuls deux contrôles de volume et de tonalité complétaient l'équipement électronique.
Le manche était fait d'une seule pièce avec une touche en acajou pourvue de simple points de repères en nacre (clay dots). Le modèle «Junior» fut équipé du même chevalet-cordier que le modèle «Standard». Contrairement aux deux autres modèles «Les Paul», le logo Gibson n'était pas incrusté en nacre, mais simplement apposé à l'aide d'une décalcomanie jaune or. Les mots «Les Paul Junior» étaient appliqués en lettres jaunes perpendiculairement au logo Gibson. (Photo Les Paul Junior de 1957)
 

 
 Quant aux mécaniques Kluson,  elles étaient montées en deux bancs (comme sur les guitares classiques) comprenant chacun trois clés selon la formule la plus économique. La «Les Paul Junior» fut offerte en finition acajou foncé, presque brun sur le corps et le manche, avec un dégradé jaune-marron sur le dessus. Toutefois, dès 1954, quelques exemplaires furent également réalisés dans une finition «jaune-ivoire», qui prendra officiellement la désignation «TV» à partir de 1957.

         

1955: La Gibson «Les Paul Special»

Après les versions «luxe» et «économiques», Gibson travailla sur une version «intermédiaire» qui était destinée à combler le trou entre le modèle «normal» à 225 $, et le modèle «économique» à 99,50 $. ( Photo Les Paul Special de '61)
Ce modèle intermédiaire pris la désignation de «Les Paul Special» et fut introduite en 1955. La «Les Paul Special» était pratiquement une «Les Paul Junior» avec deux micros au lieu d'un seul, avec les contrôles correspondants, c'est-à-dire un potentiomètre de volume et un de tonalité pour chaque micro, plus un sélecteur de 3 positions, exactement comme sur les  «Les Paul Model» (Standard) et «Les Paul Custom».
Tout comme la «Junior», la «Les Paul Special» était pourvue du fameux galbe utilisé sur la «custom» et sur le modèle «original».
La touche était en palissandre avec des points de repères en nacre, mais doté d'un filet simple, le logo Gibson était incrusté en nacre sur la tête de manche, avec les mots «Les Paul Special» inscrits perpendiculairement en lettres jaunes. La finition était vraiment très «spéciale», puisqu'il s'agissait d'un jaune-paille non opaque, connus sous le non de «Limed Mahogany» (acajou chaulé). Cette finition fut rapidement assimilée à une finition «TV» bien qu'aucun catalogue ne l'ait jamais officiellement précisé. La «Les Paul spécial» fut offerte dans la liste arrêtée au 15 sept 1955 au prix de 169,50 $.

 
      
 
C'est également en 1955 que le modèle "Normal" «Les Paul Model», (souvent appelé par extension «Standard», alors que cette désignation ne fut utilisée par Gibson qu'à partir de 1958) fut modifié pour la troisième fois depuis son introduction.

Cette troisième variante se caractérise par l'adoption du chevalet «Tune-O-Matic» (mis au point en 1952 par Ted Mc Carty), et déjà utilisé sur la «Les Paul Custom». Hormis cette modification, la «Les Paul Model» reste identique aux précédentes version du point de vue spécifications.
En 1956, la seule nouveauté consistera en l'apparition d'une version «3/4» de la Les Paul Junior avec division 22 3/4” au lieu de de 24 3/4”. La touche du modèle «3/4» comporte 19 cases au lieu de 22, et la jonction du manche avec le corps se fait à la 14è case au lieu de la 16è. A l'exception de son manche «court», la «Les Paul 3/4» est strictement identique à la version normale.

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1957: L'apparition du micro «Humbucker»

1957 est une année particulièrement importante pour Gibson puisqu'elle marque l'introduction officielle du fameux micro «humbucking» (micro à double bobinage), plus connu sous le nom de «Humbucker». Voyons un peu plus en détails comment Gibson en arriva à concevoir ce type de micro qui, plus de 50 ans après son introduction, est non seulement le principal type de micro des guitares Gibson, mais est utilisé par presque toutes les marques!
Après différents essais sur le principe du micro simple bobinage, qui culminèrent avec le micro «Alnico» à aimants réglables, Gibson décida en1954 de travailler sur un nouveau type de micro qui, tout en conservant les qualités «tonales» d'un micro à simple bobinage, réduirait leur principal inconvénient: Une trop grande sensibilité à l'environnement électrique étranger à la guitare. En résumé, les micros à simple bobinage interfèrent avec les ondes des appareils électriques, comme par exemple les amplificateurs (!) créant ainsi des bourdonnements indésirables, ou «bruits parasites».
Seth Lover et Walter Fuller, qui se mirent au travail en utilisant le principe selon lequel deux bobines placées " en série " et " hors phase " permettraient d'annuler les vibrations captés par les sources externes au micro en ne retenant que le seul signal dû à la vibration des cordes.

Après environ une année d'essais, le micro dit «Humbucking»  autrement dit «Bucking the Hum», éliminant le bourdonnement, était au point, et Seth E. Lover déposa alors son brevet le 22 juin 1955, mais ne fut approuvé qu'en 1959.
La paternité de ce micro est donc le plus souvent attribuée à Seth Lover, qui pu faire homologuer son dessin bien que trois brevets aient été déposés à l'époque sur un thème voisin, respectivement par Lesti  en 1936, Knoblaugh en 1938 et Russel en 1941.

Néanmoins, aucun d'entre eux ne se référant exactement à la même disposition sur un micro «Humbucking», le brevet lui fut finalement attribué en 1959.
Le micro «humbucking» introduit à cette époque, se composait de deux bobines en plastique noir comportant en principe 5'000 tours chacune de fil N° 42 et montés naturellement en série et hors phase.

Un aimant de type «Alnico II» ou «Alnico IV» était placé sous les deux bobines, dont l'une possédait des pôles ajustables, les pôles était vissés sur une plaque de métal en contact avec l'aimant afin de magnétiser les masses polaires. Ces pôles ajustables permettaient de régler la puissance de chaque corde indépendamment les unes des autres. Un capot en métal enveloppant s'adaptait sur la plaque en fer située à la base du micro pour isoler complètement  l'ensemble de l'installation.
Bien que mis au point en 1955, ce n'est qu'en 1957 que le micro «Humbucker» fut officiellement introduit pour progressivement remplacer les micros à simple bobinage du type «P-90» ou «Alnico» sur les modèles les plus luxueux de la marque.
Jusqu'à la fin 1962 environ, les micro «humbucking» figurants sur les différents modèles électriques de Gibson devaient présenter une petite décalcomanie noire, sur laquelle sont inscrits les mots «patent applied for» (P.A.F.) soit littéralement: "brevet en cours d'homologation", alors que celle-ci avait été obtenue en 1959!

A partir de la fin 1962 / début '63, une nouvelle décalcomanie comportant un N° de brevet (Patent Number) fut apposée sur la base des micros. Toutefois, il semblerait que le N° indiqué alors par Gibson ne corresponde en fait pas au N° de brevet obtenu par Seth Lover pour son micro «Humbucking»! Apparemment, Gibson aurait souhaité par cette astuce «décourager» encore une fois les éventuels copieurs, déjà maintenus à l'écart par le label "en cours d'homologation" figurant sur les premiers exemplaires.
A noter que, jusqu'au début des années '70, les micros «humbucking» installés en position rythme (Neck position) et soliste (bridge position) furent strictement identiques du point de vue aimant ou bobinage.
Il est inutile d'insister sur la mystique qui entoure aujourd'hui les micros Humbucking «Patent Applied For» plus couramment  appelés «P.A.F», et nombreux sont ceux qui les considèrent comme les meilleurs micros jamais produits par Gibson, tout particulièrement les millésimes entre '57 et '59.

La nostalgie et le snobisme ont certes leur part dans ce genre d'assertion, mais néanmoins il est indiscutable que le micro Humbucking d'origine a subi au fil des ans de légères modifications qui, mises bout à bout, peuvent effectivement se traduire par une différence dans le son à «instrument égal».
Ainsi, ce que l'on peut désigner comme le micro «Humbucking Original», se caractérise par un aimant «Alnico» de faible puissance (essentiellement Alnico II ou Alnico IV) et un bobinage comportant en principe deux fois 5'000 spires (tours de bobine).
Or, il convient de noter que les machines à bobiner dont disposait Gibson à l'époque (années '50), étaient certes équipées d'un compte tours, mais ne possédaient pas d'arrêt automatique pour un nombre de «spires» donné.

De ce fait, il apparaît que le bobinage des premiers micros «Humbucking» (comme d'ailleurs celui des autres micros) varie sensiblement d'un micro à l'autre. Ainsi certains micros ont pu avoir jusqu'à deux fois 5'700 spires, voir même selon Gibson 6'000 spires!
Naturellement la résistance DC s'en trouve d'autant affectée, et de 7,8 kΩ pour un micro «normal» (2 fois 5'000 spires), elle peut atteindre jusqu'à 9kΩ pour un micro «gonflé». Par ailleurs, lors de la conception du micro «humbucking», Seth Lover et Walter Fuller eurent recours dans un premier temps aux aimants que Gibson détenait en stock pour les micros à simple bobinage, notamment celui connu sous la référence «M 55», utilisé pour les «P-90».

Vers 1959 environ, une petite pénurie de plastique noir fit que certaines bobines des micros «Humbucker» furent réalisés en plastique crème. Ainsi entre 1959 et 1960, les premiers micros ont le plus souvent deux bobines noires, mais il arrive que certains micros aient deux bobines crème, voir une bobine noire et une bobine crème. Naturellement ces différents micros sont techniquement identiques mais un récent snobisme à laissé croire que les «double crème» étaient meilleurs.
En réalité, il sont surtout beaucoup plus rares et une hiérarchie de prix s'est rapidement établie sur le marché de l'occasion selon le type de plastique utilisé pour les bobine équipant les micros «Humbucker» («Patent Applied For» il faut le rappeler!)
Par la suite, afin de faciliter le montage des différents composants intervenants dans un micro «Humbucking», Gibson utilisa à partir de 1960 environ, un aimant légèrement plus petit (moins long et moins large) désigné sous le code «M 56», qui modifia quelque peu les caractéristiques tonales. A noter également que pour tenir compte des progrès industriels réalisés dans le domaine des aimants, l'intensité de l'aimants Alnico utilisé sur les micros «Humbucking» atteignit effectivement le grade «V»  tandis que le nombre de spires allait être (temporairement) réduit au cours des années '60, marquant une nouvelle dérive par rapport au dessin original.
Enfin, il convient également de mentionner un autre changement important qui intervint aux environs de 1963 dans la qualité du fil. Le calibre de référence du fil livré à Gibson demeura inchangé (n° 42), mais il fut doté d'une gaine isolante un peu plus épaisse que précédemment qui influa légèrement sur la «capacitance» et «l'inductance».


Le «vieux» fil peut se remarquer à sa couleur marron foncé tandis que le «nouveau» est plutôt noir. Il semble également qu'à cette époque, Gibson ait modifié la façon de bobiner ses micros, sans doute en raison de l'adoption de nouvelles machines.
Quoiqu'il en soit, ces altérations successives ne proviennent pas d'une volonté délibérée de Gibson ou de ses ingénieurs modifier leurs micros, et encore moins d'en baisser la qualité, mais en résultent essentiellement d'une évolution industrielle des composants ou d'une amélioration deans les procédures de montage afin d'obtenir un produit de qualité plus constante.

D'ailleurs, il ne semble pas que Gibson se soit rendu compte de la subtile modification dans la qualité du fil qui lui fut fourni... et quand bien même tel aurait été le cas, que ce serait-il passé?
Le nouveau fil ayant des qualité pratiquement équivalentes aux précédents, il aurait été vraisemblablement accepté.
Il existe ainsi, en raison de ces quelques détails, plusieurs types de micros «P.A.F» possédant des qualités propres et des spécifications distinctes... et, sans aucun doute, certains sont-il «meilleurs» que d'autres (appréciation subjective évidemment).
Pourtant, la mystique qui entoure les micros P.A.F. (par opposition aux micros «Non P.A.F») est plus forte que jamais à tel point que Gibson introduisit en 1980 une ré-edition supposée «fidèle» à son micro «Humbucking» original!

De gauche à droite: Humbucker P.A.F original, Humbucker avec le stickers Patent No 2'737'842, Humbucker avec le numéro de patent gravé. 

     

 1957: La «Les Paul Standard»

En 1957, la «Les Paul model» (pas encore nommée «Les Paul standard») reçut donc deux « P.A.F » à la place des micros à simple bobinage de type «P-90» utilisés depuis ses débuts en 1952. Cette quatrième variante dans la série originale existera de la mi-'57 environ jusqu'à la mi-'58, soit approximativement pendant une année. Les autres spécifications restaient naturellement identique aux précédentes en tenant compte de l'évolution du chevalet-cordier depuis '52.
A noter que certains exemplaires de la «gold top» de cette période furent réalisés entièrement en acajou, donc, sans la table en érable.
Cette variation est vraisemblablement due à un manque temporaire d'érable ou à l'utilisation de corps initialement prévus pour la «Les Paul Custom» et, à défaut d'avoir une oreille experte, il faudrait enlever le vernis doré pour s'en rendre compte! Un peu plus tard, au cours de l'année 1957, la «Les Paul Custom» fut à son tour modifiée pour recevoir un troisième micro «humbucking»  à la place des micros à simple bobinage utilisés depuis son apparition en 1954. Le système de présélection des micros fut également modifié (sans remaniement esthétique), puisque le sélecteur de trois positions permettait d'obtenir successivement: 1- Micro manche seul. 2- Micro manche et micro central. 3- Micro chevalet seul.
A noter cependant que la guitare gardera une apparence inchangée avec deux contrôles de volumes et de tonalité comme précédemment, agissant sur les micros selon la combinaison utilisée.
Quelques rares exemplaires de la «Les Paul Custom» furent produit avec seulement deux «humbucker», mais comme l'option n'a jamais figurée au catalogue, il s'agirait vraisemblablement de commandes spéciales. Comme précédemment, seule la finition noir opaque était disponible pour la nouvelle version à trois micros, qui par ailleurs reçut systématiquement à compter de 1959 les nouvelles mécaniques de Grover Rotomatic à la place des Kluson Sealfast .
En 1958, la «Les Paul Model» va être modifié une nouvelle fois, et cette cinquième et ultime variante de la période « originale » est actuellement la plus recherchée par les amateurs de «vieilles» Les Paul. C'est également la plus onéreuse à acquérir sur le marché des guitares de collection dit «Vintages».
Par rapport à la version '57-'58, seule la finition fut changée puisque Gibson abandonna lle traditionnel «gold top» en vigueur depuis 1952 pour un dégradé rouge cerise-jaune («cherry sunburst» selon l'appellation officielle). Cette nouvelle finition offerte à l'époque sans augmentation du prix (toujours de 247,50 $ en 1958) permit de tirer parti pour la première fois de la table en érable galbée sur le corps en acajou. Sur les modèles réalisés en «sunburst», le dessus sera en principe réalisé en deux pièces d'érable ajustée (bookmatched), ondé ou tigré, du plus bel effet. (photo Les Paul Plain Top Standard)
Il est possible cependant de trouver des «Les Paul standard» en finition «sunburst» avec une table d'érable d'une seule pièce.
A noter également que l'intensité des mouvements de l'érable peut varier grandement d'un modèle à l'autre, déterminant d'ailleurs dans une large mesure, la valeur collective actuelle de cet instrument. Le changement de finition de la «Les Paul Model», qui prit à cette occasion la désignation de «Les Paul standard», fut officiellement annoncé dans le N° de déc '58 de la «Gibson Gazette», le fascicule périodique publié par Gibson pour présenter les nouveautés, et offrir des reportages sur les différents «utilisateurs» de la marque.

Toutefois, compte tenu du nombre de «sunburst» de1958 en circulation, il est vraisemblable que la modification fut appliquée aux modèles de production bien avant, vers l'été 1958 sans doute. Il est d'ailleurs amusant de constater que la «Les Paul standard cherry sunburst» ne figure pas dans le catalogue de mars 1959 (qui est la ré-édition pure et simple, à la couleur près, du catalogue de mars 1958), le modèle n'apparaît qu'une année plus tard dans le catalogue de mai 1960!

Les types de Sunburtst de la Gibson " Les Paul "

Le sunburst de la Gibson Les Paul a évolué depuis les tout premiers modèles. Au départ, il était très léger et n'était pas vraiment un dégradé, mais un mélange d'orange et de jaune soleil (d'où le nom de «sunburst»), puis, le dégradé commença à être perceptible, mais uniquement du coté supérieur au manche, puis avec le temps le degradé se voyait sur le contour supérieur du corps, avant de s'entendre au corps en entier, puis, à partir de 1958, le rouge fit son apparition, et le dégradé était un peu moins subtil, les " Les Paul Standard " d'aujourd'hui, sont le plus souvent comme sur la dernière photo, mais quelques modèles se font encore avec un sunburst "à l'ancienne".

 

 

De gauche à droite:

1.«Les Paul gold top '56»   2.«Les Paul gold top '57» 3.«Les Paul custom '57 reissue»

4.«Les Paul junior '57» 5.«Les Paul junior TV» 6.«Les Paul special '60 reissue»

           

1.«Les Paul std '60 reissue» 2.«Les Paul std '59 reissue» 3.«Les Paul deluxe cherry»

4.«Les Paul limited edition» 5.«Les Paul menace» 6.«Les Paul new millenium»

                  

1.«Les Paul vixen» 2.«Melody Maker» 3.«Les Paul goddess» 

4.«Les Paul classic» 5.«Les Paul classic antic sunburst » 6.«Les Paul DC(double cutaway)»

          

1.«Les Paul standard faded» 2.«Les Paul suprême » 3.«Les Paul studio cherry» 

4.«Les Paul studio desert-burst» 5.«Les Paul studio premium plus» 6.«Les Paul studio satin naturel»      

         

Robot Guitar série limitée «Silverburst» 

 

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1958: Les Ultimes modifications (SG)

C'est également en 1958 (et dans le même N° de la «Gibson gazette» de décembre) que la modification, beaucoup plus radicale cette fois, des «Les Paul junior» et «Les Paul TV» fut annoncée. Tout comme pour la « standard», il est plus que probable que les premiers exemplaires des «Juniors» et «TV», "nouveau style " furent réalisés bien avant l'annonce officielle.
En fait, il s'agit d'un tout nouveau modèle plus que d'une simple modification, puisque la forme traditionnelle des «Les Paul» à simple pan coupé (single cutaway) est abandonnée au profit d'un nouveau dessin à double découpe qui permet de dégager entièrement les dernières cases de la touche (double cutaway). Le corps et le manche sont en acajou tandis que la touche est en palissandre.

Le micro ainsi que les contrôles sont inchangés par rapport à la version
précédente. Par contre, une nouvelle finition «cherry» (rouge cerise) non opaque est offerte à la place du dégrdé jaune-marron. C'est la première apparition au stade commercial de cette finition qui sera progressivement adoptée par un nombre croissant de modèles, plus particulièrement par la futur série «SG» à compter de 1961. Hormis la finition, la «nouvelle Junior» se caractérise avant tout par l'accès facilité au registres aigus en raison de sa touche entièrement «sortie». Sinon, sur le plan électrique, les spécifications sont identiques à celles de l'ancien modèle. Quant au modèle «TV», il subit exactement le même remaniement du point de vue forme en conservant naturellement la couleur jaune qu'implique l'appellation «TV». A noter cependant que cette finition évolua au fil des ans de la nuance «jaune-paille» vers une sorte de «jaune-banane».
En décembre 1958, la «Les Paul Junior» double découpe valait 120 $, tandis que la «Les Paul TV» était à 132,50 $.
 
  
 

Tout comme la «Les Paul Sandard», les nouvelles «Les Paul junior» et «Les Paul TV» n'apparaissent pas dans le catalogue de 1959, mais uniquement dans le catalogue de 1960. La version «3/4» de la «Les Paul junior» fut également dotée de la nouvelle forme à double découpe (double cutaway), mais elle se caractérise par une touche de 19 cases et une jonction du manche avec le corps à la 15è case (la touche n'est donc pas complètement «sortie»). Les autres spécifications demeurent inchangées. En 1959, la «Les Paul special» fut alignée sur les «Junior» et les «TV» et reçut également la nouvelle forme à double découpe avec les 22 cases «dehors».
Le changement fut annoncé dans la «Gibson gazette» de mars-avril 1959 qui indique comme finitions disponibles «cherry red» comme la Junior ou «Limed Mahogany», identique à la finition «TV» sans en avoir le nom..
Quelques «Les Paul special» furent également réalisées avec une finition rouge opaque qui ne laisse pas voir les veines du bois.
A noter que les premières «Les Paul» à double découpe eurent le micro rythme (neck position) presque collé contre la touche et le sélecteur de position situé au-dessus des contrôles de volume et de tonalité du premier micro. Par la suite, le micro rythme fut reculé pour renforcer la jonction du manche avec le corps de l'instrument, et le sélecteur fut placé sous le chevalet devant les contrôles de volume et de tonalité.
A partir de la fin 1959, une version «3/4» de la «Les Paul special» à double découpe fut commercialisée et
produite en petites quantités. A l'instar du modèle «Junior» cette «Special» se caractérise par un manche 19 cases avec jonction à la 15è case.
En 1960, la « Les Paul Special » et la «Les Paul TV» furent débaptisée pour devenir respectivement la «SG special» et la «SG TV», sans qu'aucune des spécifications de ces instruments soit modifiée. A noter quand même que, perdant le nom de "Les Paul", les «SG Special» et «SG TV» perdront naturellement l'inscription «Les Paul special» et «Les Paul TV» marquée en lettres jaunes sur la tête de manche. Néanmoins, même sans cette inscription ces deux modèles sont le plus souvent assimilés à des Les Paul et en tout cas rarement désignés sous leur véritable appellation «SG» (solid guitar) plus volontiers réservée à la nouvelle série introduite en 1961.

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1960: La fin de la série «originale».

Aussi paradoxale que cela puisse paraître aujourd'hui, la popularité des «Les Paul» n'avait cessé de s'effriter au fil des années '50. Les statistiques d'expédition montrent nettement une baisse à compter de 1956, contrariée partiellement par l'arrivée des nouvelles Junior et Special à double découpe visiblement produites en quantités importantes en 1959 afin justement d'enrayer la chute.
Cette baisse étonnante, voir incompréhensible due à la fois à une concurrence «interne» de certains nouveaux modèles Gibson introduits depuis 1952 (particulièrement les modèles «Es-335» ou les «demi-caisses» du type «Birdland») mais aussi de la concurrence exercée par certains rivaux Californiens (Fender en l'occurrence) alors en pleine euphorie. On peut également imaginer que les «Les Paul Standrad» et «custom» (en dépit des modifications de micros et de finition) n'étaient peut-être plus; du point de vue confort, esthétique ou sonorité, en prise avec les aspirations des guitaristes de 1960?
Toujours est-il qu'à la fin de 1960 la décision fut prise par Gibson de procéder à une révision complète de la gamme «Les Paul» qui devait se traduire par l'introduction au début de l'année 1961 des nouvelles versions à double découpe pointue qui allaient prendre le nom de «SG» pour «solid guitar» (à la place de «Les Paul junior»).
Théoriquement, toute la gamme Les Paul « originale » était encore disponible au début de l'année '61, soit avec des N° de série appliqués à l'aide d'un tampon encreur ( p. ex Les Paul Custom avec le N° de série 1-1055) soit avec des N° de série imprimés dans le bois derrière la tête de manche (p. ex. Les Paul custom avec le N° de série 6508).

D'après les livres mêmes de Gibson à Kalamazoo, les tous derniers exemplaires de la «Les Paul» originales furent enregistrés en juin 1961. Déjà à cette époque, les premières «SG  / Les Paul» avaient été introduites, et le renouvellement de la gamme Les Paul avait été annoncé. En fait, pendant quelques mois durant le premier semestre de 1961, les anciens et les nouveaux modèles se côtoyèrent.
Il est inutile d'insister sur la valeur, tant instrumentale que pécuniaire des «vieilles» Les Paul
dont des musiciens comme Eric Clapton ou Mike Bloofield allaient tirer un tel parti  que Gibson décida de réintroduire les modèles originaux en 1968. De même il serait trop long d'énumérer tous les guitaristes «Rock» de réputation qui utilisent une «vieille Standard», une «gold top » ou même une «custom».
Citons simplement parmi les plus grands célèbres : Jimmy Page, Joe Walsh, Duane Allmann, J.Geils, Billy Gibbons, Charlie Daniels, Keith Richards, Richard Betts, Robert Fripp, Mick Taylor, Steve Hackett...
 

Evolution chronologique des modèles «Les Paul originaux»:
 

1951 : Le prototype est accepté par Les Paul.

1952 : Introduction de la première guitare « Les Paul » avec un chevalet-cordier trapèze de Les Paul ( 1è variante )

1953 : La « Les Paul Model » est modifiée pour recevoir le chevalet-cordier d'arrêt mis au point par Ted Mc Carty ( 2è variante )

1954 : Introduction de la « Les Paul Custom » et de la « Les Paul Junior ». Apparition des premiers exemplaires de la « Les Paul TV»

1955 : Introduction de la «Les Paul Special». La «Les Paul Model» est modifiée pour recevoir le chevalet « Tune-O-Matic » mis également au point par Ted Mc Carty ( 3è variante ).

1956 : Introduction de la version « 3/4 » de la « Les Paul Junior ».

1957 : Introduction des nouveaux micros à double bobinage « Humbucker », dont sera équipée le « Les Paul Model » ( 4è variante ). La « Les Paul Custom » est également dotée de ces nouveaux micros, mais en reçoit un de plus, soit 3.

1958 : La « Les Paul Model » devient la « Les Paul Standard » et perd sa robe en or au profit d'une finition dégradé rouge/jaune dite « Cherry Sunburst » ( 5è et dernière variante ).

Les « Les Paul Junior » et « TV » sont dotées d'une nouvelle forme à double découpe ( double cutaway ).
Introduction d'une version « 3/4 » de la « Les Paul Special ».

1959 : La « Les Paul Special » est à son tour dotée de la nouvelle forme à double découpe. Introduction d'une version « 3/4 » de la « Les Paul Special » à double découpe.

1960 : La « Les Paul Special » devient la « SG Special », ainsi que la « Les Paul TV » devint la «SG TV».

1961 : Disparition ( jusqu'en 1968 ) des « Les Paul originales ».
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1961: La «Gibson SG»

Vous remarquerez que les infos  sur la «SG» (solid guitar) ne sont pas aussi détaillées que pour la «Les Paul», la «Flying V» et «l'Explorer», mais cela ne saurait tarder, en attendant voici donc un petit texte «vite fait», en guise de "hors d'oeuvre".
La «Gibson SG» est née en 1961, mais le corps à deux cornes existait déjà depuis un peu plus d'un an mais avec le nom de "Les Paul junior".
Quand dans le début des années '60 les ventes de Gibson n'étaient pas suffisantes par rapport au attentes de la firme, il décidèrent de faire un nouveau modèle plus percutant, Les Paul avait travaillé pendant un an sur un modèle à deux échancrures mais sans être satisfait du résultat, finalement il trouve une nouvelle forme, et la baptise SG qui veut dire " Solid Guitar ", du fait que le corps est fait en une pièce, la
«Gibson SG» est aussi le premier modèle électrique de chez Gibson qui était équipé d'un vibrato en série.
Devenue mythique grâce notamment à «Angus Young» le fameux guitariste d'AC/DC, ou encore à «Tommy Iommi» le guitariste de Black Sabbath, elle se décline aujourd'hui (comme sa grande soeur) en beaucoup de types différents (voir photos ci-dessous).
Si les premiers exemplaires portent la signature «Les Paul» c'est parce qu'il s'agit d'un modèle pensé par Les Paul, une évolution de la «Gibson Les Paul». Evolution d'abord introduite dans la gamme «Junior» dans le but de concurrencer la «Fender Stratocaster» (sortie en 1954) dont le profil donnait un meilleur accès au frettes aiguës , mais Les paul ne ratifie pas le changement, son contrat d'endorsement arrive à terme, et Gibson choisit de présenter la "déclinaison" comme un modèle à part entière dont le guitariste ne serait pas l'embassadeur.

 

De gauche à droite:

1. « SG 1961 » 2. «  SG Custom  » 3. « Sg Angus Young Signature  »

4. « SG Custom Reissue  » 5. « SG Goddess  » 6. « SG GT  »

                

1. « SG Menace  » 2. « SG Select   » 3. « SG Special »

4. « SG Special Faded » 5. « SG New Millenium »  6. « Sg Standard Reissue  »

           

1. « SG Standard Silver Burst  » 2. « SG Suprême » 3. « SG Antic Ebony Reissue '61  »

      

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1958: Les guitares «modernistiques»

Vers la fin des années '50, Ted Mc Carty et son équipe se sont mis à s'amuser, comme le disait ce dernier: "Si il fallait désormais penser la guitare en terme de poids et de densité, plus qu'en terme de résonance et de vibration, pourquoi ne pas se lâcher!".

Retour vers le futur:

Quelques années pl